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Portrait de Anton Diabelli, compositeur classique autrichienne (1781–1858)

classique · autrichienne

Anton Diabelli

𝄞 Biographie

Anton Diabelli naît en 1781 à Mattsee près de Salzbourg, fils d'un sacristain. Il étudie d'abord pour devenir prêtre, dans un séminaire qui ferme en 1803 quand Napoléon sécularise l'abbaye. Diabelli abandonne alors la voie ecclésiastique et s'installe à Vienne comme professeur de piano et compositeur. Il y reste toute sa vie.

En 1817, il s'associe au libraire Pietro Cappi pour fonder une maison d'édition musicale, qui prendra à partir de 1824 le nom de Diabelli & Co. après le rachat de la part de Cappi. La maison devient l'une des plus actives de Vienne au tournant des années 1820-1830. Diabelli publie une grande partie des œuvres de Schubert (dont la moitié serait restée inédite sans lui), de Czerny, de nombreux compositeurs viennois. Il publie aussi des œuvres pédagogiques abondantes, qu'il écrit souvent lui-même.

L'anecdote célèbre date de 1819. Diabelli compose une petite valse en ut majeur, mélodie simple — beaucoup la trouvent triviale — et demande à cinquante compositeurs autrichiens d'écrire chacun une variation, pour constituer un recueil qu'il publierait au profit des veuves et orphelins des guerres napoléoniennes. La plupart répondent par une variation. Beethoven, lui, refuse l'idée du recueil collectif, et compose à la place trente-trois variations sur ce thème — ses Variations Diabelli Op. 120 (achevées en 1823), l'un des sommets de la littérature pianistique. Le recueil collectif sortira séparément en 1824, baptisé Vaterländischer Künstlerverein, et contient les contributions de Schubert (D. 718), Czerny, Liszt enfant (sa première œuvre publiée), parmi d'autres.

Diabelli n'est pas qu'un éditeur. Son catalogue de compositeur dépasse les 200 œuvres, presque toutes pour piano ou guitare. Les Sonatines mélodiques Op. 168 (1837), Op. 151, et plusieurs séries d'études et de pièces faciles sont restées dans les écoles. Les Sonatines Op. 168, en particulier, sont une porte d'entrée classique au répertoire pour les jeunes élèves de classique.

Il meurt à Vienne en avril 1858, après avoir vendu sa maison d'édition à Spina deux ans plus tôt. Diabelli n'aura pas été un grand créateur, mais sa place dans l'économie musicale viennoise du premier XIXe est centrale. Sans lui, le catalogue Schubert publié serait plus mince.

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