𝄞 Biographie
Anton Rubinstein naît en 1829 dans un village de Podolie, alors dans l'Empire russe (aujourd'hui en Moldavie). Sa famille juive se convertit à l'orthodoxie quand il est petit, ce qui leur permet de quitter la Zone de résidence et de s'installer à Moscou. Sa mère, pianiste, lui donne ses premières leçons. À neuf ans il joue déjà en public, et à treize il entreprend avec son professeur Villoing une tournée européenne qui le fait connaître à Liszt, Chopin, Berlioz, Meyerbeer.
Adolescent, il étudie en Allemagne (Berlin) la composition et le contrepoint. À son retour en Russie, il devient pianiste de la cour de la grande-duchesse Hélène Pavlovna, qui devient sa protectrice. Avec son appui, il fonde en 1862 le Conservatoire de Saint-Pétersbourg — le premier conservatoire de Russie, modèle d'institution musicale occidentalisée à laquelle le Groupe des Cinq s'opposera farouchement. Tchaïkovski sera son premier élève fameux.
Sa carrière de pianiste reste l'une des plus impressionnantes du XIXe siècle. Il donne entre 1872 et 1873 une tournée de plus de 200 concerts aux États-Unis ; et plus tard une série historique de sept récitals à Saint-Pétersbourg, Moscou, Vienne, Berlin, Londres, Paris, parcourant chronologiquement toute l'histoire du piano de Byrd à ses contemporains.
Comme compositeur, son catalogue est immense — six symphonies, cinq concertos pour piano (le Quatrième Op. 70 est le plus joué), de nombreuses sonates, opéras, oratorios (Le Démon, Néron), pièces de chambre, lieder. Pour le piano seul : la Mélodie en fa Op. 3 n° 1 (1852) a été l'un des morceaux de salon les plus joués du XIXe siècle, et a fait sa fortune. Les Souvenirs de Moscou, des Études Op. 23, des Préludes, complètent un catalogue pianistique abondant.
Il meurt en novembre 1894 à Peterhof, près de Saint-Pétersbourg. Sa réputation de compositeur a beaucoup pâli au XXe siècle, éclipsée par celle de Tchaïkovski et du Groupe des Cinq. Comme pianiste-pédagogue, en revanche, son influence russe reste considérable.