𝄞 Biographie
Béla Bartók naît en 1881 à Nagyszentmiklós, alors dans le royaume de Hongrie (aujourd'hui Sânnicolau Mare en Roumanie). Son père, directeur d'école d'agriculture, meurt quand Béla a sept ans ; sa mère, institutrice, déménage de ville en ville en Hongrie centrale en cherchant des postes d'enseignante. C'est elle qui lui donne ses premières leçons de piano. Il fait des études musicales solides à Budapest, où il s'installe en 1899, sortant pianiste et compositeur de l'Académie Royale en 1903.
À partir de 1905, en collaboration avec son ami Zoltán Kodály, il entreprend une vaste collecte de musique populaire — d'abord en Hongrie, puis en Transylvanie, Slovaquie, Roumanie, et plus tard en Algérie, Turquie. Les deux musiciens parcourent les villages avec un phonographe à cylindre Edison, enregistrent les chants paysans et les analysent. Ce travail ethnomusicologique, mené en parallèle de la création, transforme la composition de Bartók : modes anciens, asymétries rythmiques, écarts micro-tonals deviennent des matériaux de base.
Son catalogue couvre tous les genres : six quatuors à cordes (1909-1939) qui forment l'un des plus grands cycles du XXe siècle, l'opéra Le Château de Barbe-Bleue (1911), le ballet Le Mandarin merveilleux (1919, créé tardivement à Cologne en 1926 puis interdit), trois concertos pour piano (1926, 1931, 1945), un Concerto pour orchestre (1943), une Sonate pour deux pianos et percussions (1937), Musique pour cordes, percussion et célesta (1936).
Pour le piano seul, il laisse l'Allegro barbaro (1911), la Suite Op. 14 (1916), la Sonate (1926), les recueils Im Freien (En plein air, 1926), et surtout les Mikrokosmos (1926-1939), 153 pièces progressives en six volumes qui couvrent tout l'apprentissage du piano moderne. Les For Children (1909, révisé 1945) et les Danses populaires roumaines (1915) complètent ce volet pédagogique.
L'avancée du fascisme en Hongrie le pousse à émigrer aux États-Unis en 1940. Il y vit dans une grande difficulté matérielle, donnant peu de concerts, mais reçoit en 1943 une commande de Koussevitzky qui lui sauve la fin de vie créative : le Concerto pour orchestre. Il meurt d'une leucémie à New York en septembre 1945, sans avoir achevé son Troisième concerto pour piano.