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Portrait de Carl Czerny, compositeur classique autrichienne (1791–1857)

classique · autrichienne

Carl Czerny

𝄞 Biographie

Carl Czerny naît en 1791 à Vienne, dans une famille d'origine tchèque — son père Wenzel est pianiste et professeur. Élève prodige, il joue le Concerto en ut mineur de Mozart en public à neuf ans. Beethoven, qui l'entend peu après, accepte de lui donner des leçons régulières pendant plusieurs années. Czerny laissera, dans ses souvenirs publiés tardivement, l'un des témoignages les plus précis sur la manière de jouer et d'enseigner de Beethoven.

Czerny est aussi un pédagogue exceptionnel. Sa lignée d'élèves directs inclut Liszt (qu'il accepte enfant et forme gratuitement pendant un an et demi), Thalberg, Stephen Heller, Leschetizky, et beaucoup d'autres. Liszt à son tour formera la plupart des grands pianistes du XIXe siècle, ce qui fait de Czerny un nœud généalogique important dans l'histoire de la pédagogie pianistique.

Son catalogue est gigantesque — plus de mille opus, ce qui en fait l'un des compositeurs les plus prolifiques de l'histoire. La majeure partie consiste en pièces pédagogiques pour piano. Les recueils les plus célèbres : L'École de la vélocité Op. 299, L'Art de délier les doigts Op. 740, Cent études progressives Op. 139, L'École du virtuose Op. 365, et le très utilisé Op. 599 pour débutants. Ces études couvrent toutes les difficultés techniques du piano romantique et restent une référence dans les conservatoires.

Czerny a aussi composé pour orchestre, pour la musique sacrée et de chambre — symphonies, messes, requiems, quatuors à cordes. Cette production-là est presque entièrement oubliée et ne réapparaît que par épisodes. Sa formidable productivité dans les études a longtemps écrasé le reste.

Célibataire, sans famille, Czerny vit à Vienne dans un appartement modeste avec sa mère et ses chats. Il meurt en juillet 1857 et lègue sa fortune à des œuvres caritatives, dont la Société des amis de la musique. Sa réputation oscille : décrié comme sec et mécanique par certains, défendu par les pianistes qui savent qu'aucun autre auteur ne couvre aussi systématiquement les problèmes du clavier.

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