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Portrait de Charles-Valentin Alkan, compositeur romantique française (1813–1888)

romantique · française

Charles-Valentin Alkan

𝄞 Biographie

Charles-Valentin Morhange, dit Alkan, naît à Paris en 1813 dans une famille juive — son père Alkan Morhange tient une école de musique dans le Marais. Les enfants prennent le prénom du père comme nom de scène pour des raisons d'usage. Il entre au Conservatoire à six ans et y enchaîne les premiers prix. À quinze ans, il est déjà professeur adjoint de solfège. Sa carrière de pianiste virtuose démarre brillamment dans les années 1830 — il vit dans le même immeuble parisien que Chopin, Square d'Orléans, et fréquente George Sand, Marie d'Agoult, Delacroix.

Mais Alkan se retire progressivement de la scène à partir de 1838, après avoir été écarté d'un poste de professeur au Conservatoire qu'il convoitait (Marmontel l'emporte). Il vit dès lors à Paris dans une demi-réclusion qui durera plus de trente ans. Il sortira de loin en loin pour quelques récitals privés au piano ou au pédalier, mais sa présence publique se raréfie au point de devenir un mystère parisien.

Pendant cette période, il compose en silence. Son catalogue est presque entièrement pour piano seul (ou avec pédalier — sorte de piano à pédalier d'orgue qu'il affectionnait). Les Études dans tous les tons mineurs Op. 39 (1857) sont son sommet : douze études dont quatre forment une Symphonie pour piano seul (n° 4 à 7), trois autres un Concerto pour piano seul (n° 8 à 10), et une autre des variations Le Festin d'Ésope. La virtuosité requise dépasse celle des Études d'exécution transcendante de Liszt. Plus longues, plus contrapuntiques, harmoniquement plus tendues.

À cela s'ajoutent les Études dans tous les tons majeurs Op. 35, la Grande Sonate « Les Quatre Âges » Op. 33, le Concerto da camera, les Préludes Op. 31, le Quasi-Faust mouvement central de la Grande Sonate, et le Funérailles pour piano à pédalier.

Alkan était profondément religieux et traduisait à ses heures perdues l'Ancien Testament de l'hébreu vers le français. Il meurt à Paris en mars 1888, dans des circonstances mystérieuses — la légende d'une bibliothèque tombée sur lui en attrapant un livre du Talmud est probablement fausse, mais elle a longtemps couru. Sa musique a sombré dans un oubli total jusque dans les années 1960, où Raymond Lewenthal puis Ronald Smith ont commencé à la redécouvrir.

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