𝄞 Biographie
Cornelius Gurlitt naît en 1820 à Altona, alors port danois adjacent à Hambourg (Altona deviendra une partie de Hambourg en 1937). Il étudie le piano avec Carl Reinecke (Reinecke a un an de moins que lui mais sera son ami pour la vie), puis avec son père, organiste de la chapelle royale. Adolescent, il étudie également à Copenhague avec Curlandt et Weyse, professeurs de la cour. Il y reste de 1841 à 1845, puis voyage en Allemagne et en Italie pour parfaire sa formation.
À partir de 1851, il s'installe à Hambourg comme organiste de la Hauptkirche St. Trinitatis (Altona) et professeur de piano. Il y enseignera plus de quarante ans. En 1864, il est nommé professeur de piano au Conservatoire de Hambourg. Sa position est celle d'un pédagogue consciencieux et apprécié dans sa région, sans grand rayonnement européen.
Son catalogue, en revanche, est immense : plus de 250 numéros d'opus, presque exclusivement pour piano. La très grande majorité est composée de pièces pédagogiques pour élèves débutants et intermédiaires. Gurlitt y montre une intelligence pédagogique remarquable : chaque pièce vise un point technique précis (croisements de mains, gammes par mouvement contraire, doubles notes, arpèges, tierces, syncopes) tout en gardant une matière musicale assez fraîche pour ne pas dégoûter l'élève. La différence avec Czerny est nette : Gurlitt cherche systématiquement à habiller l'exercice d'une mélodie chantable.
Les recueils les plus utilisés : L'Élève au piano Op. 82 (1885), Cinquante Études Op. 89, l'Album pour la jeunesse Op. 140 (1880), les Études faciles Op. 187, les 24 Préludes Op. 211 dans les 24 tonalités. Ces œuvres se trouvent encore dans la plupart des écoles de musique d'Europe et d'Asie pour la formation initiale et intermédiaire.
Gurlitt a aussi composé un opéra (Scheik Hassan, 1875), des symphonies, des messes, plusieurs sonates et concertos — production très peu jouée aujourd'hui. La postérité ne retient que le pédagogue, et c'est par cette porte étroite que son nom passe encore les générations de jeunes pianistes.
Il meurt à Hambourg en juin 1901, à quatre-vingts ans. Son cousin Manfred Gurlitt, plus tardif, sera lui aussi compositeur (avec une carrière mouvementée au XXe siècle), mais sans rapport stylistique direct.