𝄞 Biographie
Erik Satie naît en 1866 à Honfleur, d'un père français et d'une mère écossaise. Il étudie au Conservatoire de Paris sans grand succès — ses professeurs le jugent paresseux, lui les juge ennuyeux. Il quitte l'école et s'installe à Montmartre, où il devient pianiste au cabaret du Chat Noir et fréquente le milieu symboliste autour de la revue de la Rose+Croix.
Les trois Gymnopédies (1888) et les Gnossiennes (à partir de 1890) datent de cette période. Ce sont des miniatures à modes anciens, sans barres de mesure dans plusieurs cas, à rebours du romantisme allemand qui domine encore.
Vers la quarantaine, Satie reprend les bancs de l'école et entre à la Schola Cantorum pour étudier le contrepoint avec d'Indy et Roussel — geste rare pour un compositeur déjà connu. Il en sort avec un métier plus solide qui nourrira les œuvres tardives.
Le ballet Parade (1917), sur un livret de Cocteau, des décors de Picasso et une chorégraphie de Massine, fait scandale aux Ballets Russes. Satie y intègre des machines à écrire et une sirène dans l'orchestre. Suivent le ballet Relâche (1924) et le « drame symphonique » Socrate (1918).
Sa musique pour piano comporte aussi les Pièces froides, les Sports et divertissements, les Sarabandes, les Vexations (une page de 52 secondes à répéter 840 fois) et de nombreuses miniatures aux titres dadaïstes : Préludes flasques pour un chien, Embryons desséchés, Véritables préludes flasques.
Il vit ses trente dernières années à Arcueil, dans une chambre unique où personne n'entrait. À sa mort en juillet 1925, ses amis découvrirent des partitions glissées derrière le piano et dans les poches de ses vestes. Il est enterré au cimetière d'Arcueil. Cage, Cocteau, le minimalisme américain : sa postérité a été plus large que sa réputation de son vivant.