𝄞 Biographie
François Couperin naît en 1668 à Paris, dans une dynastie de musiciens qui a fourni des organistes à l'église Saint-Gervais depuis plus d'un siècle. Son père Charles meurt quand François a dix ans ; le poste d'organiste de Saint-Gervais lui est promis en réserve, et il l'occupera officiellement à dix-huit ans, en 1685. Il le gardera jusqu'à sa mort.
Sa carrière prend un tour décisif en 1693 quand Louis XIV le nomme l'un des quatre organistes de la Chapelle royale, succédant à Thomelin. Il y enseigne aussi le clavecin aux enfants du roi et de la cour. La position lui apportera des titres (« sieur de Crouilly »), une rente modeste mais stable, et un accès au répertoire de chambre royal qu'il nourrira de sa propre musique.
Pour distinguer François de ses parents musiciens, la postérité l'a surnommé « le Grand ». Sa publication majeure est en quatre livres : les Pièces de clavecin (1713, 1717, 1722, 1730) qui rassemblent près de 230 pièces regroupées en « Ordres » plutôt qu'en suites — innovation française que Couperin pousse plus loin que ses prédécesseurs Chambonnières ou Louis Couperin. Chaque pièce porte un titre poétique ou descriptif (Les Barricades mystérieuses, Le Tic-toc-choc, La Couperinette, Soeur Monique) dont le sens reste parfois énigmatique.
Il publie aussi un traité décisif, L'Art de toucher le clavecin (1716), où il explique sa technique, son doigté, son rapport au tempo, et exige une exécution « ordonnée et propre » qui s'oppose à la virtuosité gratuite. Bach lisait et possédait ce traité, et a copié certaines pièces de Couperin dans ses livrets d'enseignement.
Il meurt à Paris en septembre 1733. Comme Rameau, il a connu un long purgatoire au XIXe siècle avant le retour en grâce du baroque français au XXe. Ravel a rendu hommage à son maître spirituel avec Le Tombeau de Couperin (1917).