𝄞 Biographie
Franz Liszt naît en 1811 dans une Hongrie austro-hongroise, à Doborján (aujourd'hui Raiding, en Autriche). Son père, employé des Esterházy, est musicien amateur et reconnaît tôt le don. Liszt étudie à Vienne avec Czerny et Salieri, puis s'installe à Paris à onze ans. Il y restera longtemps, sans jamais vraiment appartenir à un pays — il parlait l'allemand, le français, l'italien, plus tard le hongrois retrouvé.
L'écoute de Paganini en 1832 le pousse à transposer au piano l'idée d'un virtuose total. Pendant les années 1840, il sillonne l'Europe en concerts. C'est lui qui impose l'idée d'un soliste seul sur scène, mémoire au lieu de partition, et le terme même de « récital ». Le public féminin s'évanouit, on parle de « lisztomania » — la formule est de Heine.
À partir de 1848, il s'installe à Weimar comme maître de chapelle de la cour grand-ducale, dirige Wagner et les nouveaux compositeurs, écrit ses douze poèmes symphoniques et la Sonate en si mineur (1853). Plus tard, il prend les ordres mineurs à Rome et signe parfois « abbé Liszt ».
Pour le piano seul, il laisse les douze Études d'exécution transcendante, les deux livres des Années de pèlerinage, dix-neuf Rhapsodies hongroises, la Sonate en si mineur, et un nombre considérable de transcriptions (symphonies de Beethoven, opéras de Wagner et Verdi) qui ont longtemps fait office de diffusion publique de ces œuvres avant le disque.
Il meurt à Bayreuth en 1886, lors du festival dirigé par son gendre Wagner. Sa dernière période, plus dépouillée et harmoniquement audacieuse, a longtemps été négligée. On la redécouvre depuis quelques décennies.