𝄞 Biographie
Franz Schubert naît à Vienne en 1797, dans une famille de maître d'école. Il chante enfant à la chapelle impériale, étudie un temps avec Salieri, puis enseigne brièvement aux côtés de son père. Il abandonne vite la classe pour la composition à plein temps, choix risqué qui le condamne à vivre de l'hospitalité d'amis pendant la majeure partie de sa courte vie.
Vienne le connaît surtout par ses Lieder. Il en écrit plus de six cents, parmi lesquels Erlkönig (1815), Gretchen am Spinnrade (1814), et les deux grands cycles tardifs Die schöne Müllerin (1823) et Winterreise (1827). Schubert y invente une relation nouvelle entre la voix et le piano : l'accompagnement n'illustre plus, il commente, prolonge, parfois contredit.
Pour le piano seul, il laisse vingt-et-une sonates dont plusieurs inachevées, les Impromptus D. 899 et D. 935, les Moments musicaux D. 780, la Fantaisie Wanderer D. 760, ainsi que des œuvres à quatre mains dont la Fantaisie en fa mineur D. 940, l'une des plus belles pages du répertoire de duo. Sa Neuvième Symphonie « La Grande » et sa Symphonie « Inachevée » comptent parmi les sommets du XIXe siècle.
Il contracte la syphilis vers 1822, ce qui change le ton de sa musique tardive — plus sombre, plus longue, plus harmoniquement libre. Il meurt à Vienne en novembre 1828, à trente-et-un ans, et est inhumé près de Beethoven au cimetière de Währing, comme il l'avait souhaité.
De son vivant, il restait un musicien apprécié dans un cercle d'amis (la « Schubertiade ») mais largement ignoré des grandes scènes. Schumann et Brahms ont fait beaucoup pour révéler ses œuvres orchestrales et pianistiques après sa mort.