𝄞 Biographie
Friedrich Burgmüller naît en 1806 à Ratisbonne, en Bavière, dans une famille de musiciens. Son père est chef d'orchestre, et son frère cadet Norbert (1810-1836) deviendra un compositeur romantique de grand talent, mort jeune, dont Schumann louera la musique. Friedrich grandit dans cet entourage musical et commence très tôt sa carrière de pianiste.
Vers 1832, à vingt-six ans, il s'installe définitivement à Paris où il vivra le reste de sa vie. La capitale française est alors le centre de gravité du piano européen — Chopin, Liszt, Kalkbrenner, Thalberg s'y rencontrent. Burgmüller ne brigue pas la virtuosité de scène. Il préfère se consacrer à l'enseignement particulier et à la composition de pièces de salon et d'études pour les amateurs et les élèves.
Sa réputation s'est construite presque entièrement sur ses recueils pédagogiques. Trois recueils en particulier sont entrés dans le répertoire universel des écoles : 25 Études faciles et progressives Op. 100, 12 Études brillantes et mélodiques Op. 105, et 18 Études de genre Op. 109. Les vingt-cinq Études Op. 100 sont sans doute la porte d'entrée la plus utilisée au piano romantique pour les enfants et adolescents.
Chacune des études Op. 100 porte un titre — La Candeur, L'Arabesque, La Pastorale, La Petite réunion, Innocence, Progrès, Le Courant limpide, La Gracieuse, La Chasse, Tendre fleur, Ballade, Adieu, Consolation — qui met en scène un caractère musical précis. Ces titres descriptifs s'inscrivent dans la tradition des Children's Corner que Schumann avait ouverte avec l'Album pour la jeunesse Op. 68 quelques années plus tôt.
Burgmüller a écrit aussi des nocturnes, des valses, des polonaises, des opérettes, de la musique de scène pour ballet — La Péri (1843) pour l'Opéra de Paris notamment. Mais la postérité ne retient guère que les études. Il meurt en février 1874 à Beaulieu-sur-Loire, dans le Loiret.