𝄞 Biographie
Friedrich Kuhlau naît en 1786 à Uelzen, dans le Hanovre allemand. Enfance traumatique : à sept ans, il glisse sur une plaque de verglas et perd l'œil droit. Il étudie le piano localement, puis à Hambourg. En 1810, à vingt-quatre ans, il fuit l'invasion française du Hanovre pour échapper à la conscription dans la Grande Armée napoléonienne, et trouve refuge à Copenhague où il restera jusqu'à sa mort.
Au Danemark, il devient rapidement musicien de cour. Il y compose ses premières œuvres importantes, dont la musique de scène pour le drame Elverhøj (1828) d'Heiberg, qui contient un thème mélodique sur lequel il bâtit la première de l'hymne danois Kong Christian — la pièce est devenue un classique national.
Kuhlau publie sous son nom une production très large : sept opéras (peu joués aujourd'hui), de la musique de chambre, des concertos. Mais c'est par le piano et la flûte qu'il a marqué la pédagogie. Pour la flûte (instrument qu'il jouait peu lui-même), il laisse plus de 80 numéros d'opus — ce qui lui vaut le surnom de « Beethoven de la flûte ». Les Sonates pour flûte et piano Op. 64, 69, 71, 83, ainsi que les Duos pour deux flûtes Op. 80, 81 et 87, restent dans le répertoire flûtiste mondial.
Pour le piano seul, il s'est rendu célèbre par ses Sonatines, particulièrement celles regroupées dans les Op. 20, 55, 59, 60 et 88. Les Sonatines Op. 20 (1820) et Op. 55 (1823), simples mais d'écriture claire, sont entrées dans les programmes de débutants et intermédiaires de toute l'Europe pendant deux siècles. Elles forment un passage souvent obligé après les Sonatines de Clementi.
Il rencontre Beethoven à Vienne en septembre 1825 et passe quelques jours avec lui — épisode bien documenté. Beethoven lui dédie un canon humoristique sur le nom « Kühl, nicht lau » (« Frais, pas tiède ») jouant sur Kuhlau.
Le 5 février 1831, sa maison à Lyngby brûle entièrement. Kuhlau y perd tous ses manuscrits inachevés, ses livres et ses notes. Il prend froid en luttant contre l'incendie et contracte une affection pulmonaire dont il ne se remettra pas. Il meurt à Copenhague en mars 1832.
