𝄞 Biographie
Ignacy Jan Paderewski naît en 1860 à Kouriłówka, en Podolie (Pologne tsariste, aujourd'hui en Ukraine). Sa mère meurt peu après sa naissance ; son père, gestionnaire de domaines, est emprisonné brièvement après la révolte polonaise de 1863. Élevé par une tante, le jeune Paderewski reçoit ses premières leçons par un précepteur, puis entre à douze ans à l'Institut musical de Varsovie. Il y étudie jusqu'en 1878.
Sa carrière démarre lentement. Il enseigne à Varsovie, puis se perfectionne à Berlin (1881-1884) et surtout à Vienne où il prend des cours de Theodor Leschetizky de 1884 à 1887. Le pédagogue viennois, célèbre pour avoir formé Schnabel et Moiseiwitsch entre autres, transforme la technique de Paderewski. Ses débuts parisiens en 1888 sont un succès, suivis des débuts londoniens en 1890. Mais c'est la première tournée américaine en 1891-1892 qui lance la dimension mondiale de sa carrière : 117 concerts en cinq mois, succès financier et populaire considérable. Il fera dix-neuf tournées américaines au total.
Son catalogue de composition n'est pas immense mais inclut quelques œuvres notables : la Sonate pour piano Op. 21 (1903), les Six Humoresques de concert Op. 14 (dont le Menuet en sol majeur Op. 14 n° 1 — pièce-tube absolue de salon), les Variations et fugue sur un thème original Op. 23, le Concerto pour piano Op. 17 (1888), la Fantaisie polonaise Op. 19 pour piano et orchestre, et un opéra polonais, Manru (1901, créé à Dresde puis au Metropolitan Opera).
Sa seconde vie commence vers 1910. Activiste politique pour l'indépendance polonaise pendant la Première Guerre mondiale, il devient en 1919 — après le rétablissement de l'État polonais — Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement. Il représente la Pologne à la Conférence de la paix de Paris (Versailles), aux côtés notamment de Roman Dmowski. Sa carrière politique active dure moins d'un an (il démissionne en décembre 1919), mais son rôle dans l'indépendance polonaise reste un fait historique majeur.
Il reprend les tournées de piano après 1922, à un rythme moindre, et continue de défendre la cause polonaise dans les forums internationaux. En 1939-1940, à près de quatre-vingts ans, il préside le Conseil National polonais en exil. Il meurt à New York en juin 1941. Son cœur a été ramené à Cracovie ; son corps repose à la cathédrale Saint-Jean de Varsovie depuis 1992.
