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Portrait de Jean Sibelius, compositeur moderne finlandaise (1865–1957)

moderne · finlandaise

Jean Sibelius

𝄞 Biographie

Jean Sibelius naît en 1865 à Hämeenlinna, en Finlande, alors grand-duché autonome de l'Empire russe. Son nom de naissance est Johan Julius Christian Sibelius — il adoptera plus tard la forme française « Jean » à la française, par goût d'un oncle marin. La famille est suédophone (la Finlande est alors largement bilingue) et bourgeoise — son père, médecin militaire, meurt jeune d'une épidémie de typhus quand Jean a deux ans. Le futur compositeur grandit modestement, avec sa mère, son frère et sa sœur, dans une atmosphère cultivée.

Adolescent, il étudie le violon avec une discipline acharnée, rêvant de devenir soliste. Il finira par renoncer faute de précocité technique suffisante, mais le violon restera son instrument intime — son Concerto pour violon Op. 47 (1904, révisé 1905) en témoigne. Il fait des études musicales à Helsinki, puis à Berlin et Vienne (1889-1891), où il étudie auprès de Karl Goldmark.

De retour en Finlande, il compose la Symphonie Kullervo (1892) sur des textes du Kalevala — épopée nationale finlandaise — et le poème symphonique En Saga (1892, révisé 1902), qui le révèlent au public finlandais et lui valent une bourse d'État à vie. Cette pension lui permet de composer sans s'occuper d'enseignement régulier.

Son catalogue tient principalement à sept symphonies (1899-1924), aux poèmes symphoniques (Finlandia, 1899 ; Tapiola, 1926 ; Le Cygne de Tuonela, 1893), et à un concerto pour violon parmi les plus joués au monde. Pour le piano seul, sa production est plus modeste mais constante — environ 150 pièces réparties dans une trentaine de numéros d'opus, surtout des miniatures : impromptus, romances, pensées lyriques, pièces caractéristiques. Le Pin de la baie Op. 75 n° 5 et Romance en ré bémol Op. 24 n° 9 sont parmi les plus jouées.

À partir de 1927, Sibelius cesse pratiquement de composer, sauf de menus arrangements et compléments. Le « silence d'Ainola » — du nom de sa villa près d'Helsinki — dure trente ans. Une Huitième symphonie y aurait été ébauchée, plusieurs fois reprise, puis brûlée à la fin des années 1940. Le mystère reste entier. Sibelius meurt à Järvenpää en septembre 1957, à quatre-vingt-onze ans.

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