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Portrait de Johann Sebastian Bach, compositeur baroque allemande (1685–1750)

baroque · allemande

Johann Sebastian Bach

𝄞 Biographie

Johann Sebastian Bach naît à Eisenach en 1685, dans une dynastie de musiciens si dense que le nom « Bach » avait fini par désigner tout musicien de cour en Thuringe. Orphelin à dix ans, il est élevé par son frère aîné Johann Christoph, organiste, qui lui apprend le clavier et la copie de partitions. Il aurait, dit-on, recopié à la bougie un volume entier de Frescobaldi en cachette.

Sa carrière passe par plusieurs postes : organiste à Arnstadt puis Mühlhausen, musicien de cour à Weimar, maître de chapelle à Köthen sous le prince Léopold, enfin cantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig à partir de 1723. C'est là qu'il finira ses jours, encadrant un chœur d'adolescents et fournissant chaque dimanche une cantate nouvelle pendant les premières années.

Le catalogue BWV dépasse mille œuvres. Pour le clavier : le Clavier bien tempéré (BWV 846-893) en deux livres de vingt-quatre préludes et fugues, les Variations Goldberg BWV 988, les six Partitas, les Suites françaises et anglaises, l'Art de la fugue BWV 1080. Les Inventions et Sinfonias BWV 772-801, écrites pour ses fils, restent un passage obligé de la formation pianistique.

À sa mort, en 1750, il était considéré comme un vieux maître d'orgue compétent mais dépassé par les goûts galants. Il faudra Mendelssohn et la reprise de la Passion selon saint Matthieu en 1829 pour relancer son culte. Beethoven, déjà, l'appelait dans une formule restée célèbre l'océan plutôt que le ruisseau (jeu sur « Bach » qui signifie ruisseau en allemand). Le XXe siècle a achevé de l'installer comme référence absolue.

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Ses partitions36 partitions disponibles

Variations Goldberg — Aria

Intermédiaire

BWV 988 · 1741

## Présentation L'**Aria** ouvre et clôt le monumental cycle des *Variations Goldberg BWV 988*, publié en 1741. Cette **sarabande** d'une beauté épurée sert de thème aux 30 variations qui suivent. Elle est nommée d'après Johann Gottlieb Goldberg, claveciniste pour qui Bach aurait composé l'œuvre. ## Caractère L'Aria est une **danse lente et ornée**, en sol majeur. Sa main droite déploie une ornementation baroque raffinée (mordants, trilles, appogiatures) sur une basse simple mais structurante. ## Travail recommandé Les **ornements** sont l'âme de cette pièce : travaillez-les lentement, en isolation, jusqu'à ce qu'ils coulent naturellement. La basse doit être **chantante**, jamais mécanique.

Concerto Italien (1er mouvement)

Avancé

BWV 971 · 1735

## Présentation Le **Concerto Italien BWV 971** est l'une des œuvres les plus célèbres et virtuoses de Bach pour clavier seul. Publié en 1735 dans le *Clavier-Übung II*, il imite la forme du concerto italien (avec ses *tutti* et ses *soli*) sur un seul instrument à deux claviers — d'où la nécessité d'un clavecin à deux manuels à l'origine. ## Caractère Le **1ᵉʳ mouvement (sans tempo indiqué, généralement Allegro)** alterne brillamment les passages **tutti** (puissants, polyphoniques) et **soli** (virtuoses, mélodiques). Au piano moderne, le contraste se fait par les nuances (forte/piano). ## Travail recommandé L'opposition **forte/piano** est structurelle : repérez systématiquement les changements. La virtuosité (gammes, arpèges) demande un travail technique rigoureux.

Bourrée en mi mineur (Suite pour luth)

Intermédiaire

BWV 996 · 1712

## Présentation La **Bourrée en mi mineur BWV 996** provient à l'origine de la *Suite pour luth en mi mineur*, composée par Bach vers 1712 à Weimar. Sa transcription pour clavier en a fait l'une des pages les plus jouées du répertoire baroque, immortalisée plus tard par Jethro Tull dans le rock. ## Caractère **Dansante et rebondissante**, la bourrée est une danse baroque française à 2/2. Elle alterne un thème principal joyeux en *mi mineur* et une seconde partie modulant vers *sol majeur*. ## Travail recommandé L'**articulation** est essentielle : croches en *non legato* léger, noires en *detaché*. Marquer le 1ᵉʳ temps tout en préservant l'élan dansant.

Applicatio en ut majeur

Débutant

BWV 994 · 1720

## Présentation L'**Applicatio BWV 994** est une pièce pédagogique composée par Bach vers 1720 pour son fils Wilhelm Friedemann, alors âgé de 9 ans. C'est l'une des premières pièces du *Petit Livre pour Wilhelm Friedemann*. ## Caractère Il s'agit d'un **exercice de doigté** plus que d'une pièce de concert. La main droite déploie des ornements (mordants, trilles) sur une mélodie simple, soutenue par une basse régulière. ## Travail recommandé Le doigté indiqué par Bach lui-même (présent dans le manuscrit original) est précieux : il enseigne le **passage du pouce** sous d'autres doigts, technique nouvelle à l'époque baroque.

Sinfonia No. 15 en si mineur

Intermédiaire

BWV 801 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 15 en si mineur BWV 801** clôt magistralement le recueil. Composée en 1723, elle adopte un caractère gigue à 9/16 qui rappelle les danses françaises de l'époque. ## Caractère Le **si mineur** se pare d'une **vivacité dansante**. La mesure à 9/16 (peu fréquente) impose un balancement ternaire particulièrement expressif. ## Travail recommandé Maîtriser la **subdivision ternaire** est essentiel. Le tempo doit être vif mais articulé. Marquer le 1ᵉʳ temps de chaque mesure tout en préservant la légèreté.

Sinfonia No. 14 en si bémol majeur

Intermédiaire

BWV 800 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 14 en si bémol majeur BWV 800** est une page d'une élégance toute baroque. Composée en 1723, elle se distingue par la fluidité de ses lignes et la chaleur de sa tonalité. ## Caractère Le **si bémol majeur** confère à cette sinfonia une **chaleur cuivrée**, presque vocale. Les trois voix se croisent en un tissu mélodique d'une grande continuité. ## Travail recommandé Le legato est primordial : aucune note ne doit interrompre la continuité du discours. Travailler la **conduite des voix** avec un soin particulier.

Sinfonia No. 13 en la mineur

Intermédiaire

BWV 799 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 13 en la mineur BWV 799** est célèbre pour la beauté de son sujet, parfois comparé à un chant populaire allemand. Composée en 1723, elle illustre l'art de Bach pour transformer une mélodie simple en chef-d'œuvre contrapuntique. ## Caractère **Mélancolique mais lumineuse**, cette sinfonia oscille entre la *Klage* (lamentation) et l'élan vital. Les imitations sont serrées, créant un sentiment d'urgence expressive. ## Travail recommandé Faites **chanter le sujet** dès sa première apparition — c'est lui qui structure toute la pièce. Le tempo doit rester modéré pour préserver l'expressivité (croche = 80-92).

Sinfonia No. 12 en la majeur

Intermédiaire

BWV 798 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 12 en la majeur BWV 798** est l'une des plus virtuoses du recueil. Composée vers 1723, elle exige une grande indépendance des mains et une articulation précise. ## Caractère Le **la majeur** rayonne d'une énergie communicative. Le sujet, virtuose et bondissant, parcourt les trois voix avec une vivacité presque concertante. ## Travail recommandé La difficulté principale réside dans la **précision rythmique** des trois voix simultanées. Travail très lent obligatoire avant accélération progressive.

Sinfonia No. 11 en sol mineur

Intermédiaire

BWV 797 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 11 en sol mineur BWV 797** est une page lyrique et tendre du recueil. Composée en 1723, elle déploie un chromatisme expressif qui annonce les grandes pages tragiques de Bach. ## Caractère Le **sol mineur** se pare ici d'une douceur presque douloureuse. Les voix s'enlacent en de longues phrases ondulantes, parfois interrompues par des cadences suspensives qui invitent à respirer. ## Travail recommandé Le rubato discret est admis dans cette sinfonia. Soignez les **respirations entre les phrases** et la dynamique progressive. Le pédale (très brève) peut enrichir les résonances.

Sinfonia No. 10 en sol majeur

Intermédiaire

BWV 796 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 10 en sol majeur BWV 796** illustre la veine joyeuse et lumineuse de Bach. Composée en 1723, elle déploie une polyphonie aérée et chantante. ## Caractère Le **sol majeur** brille d'une clarté heureuse. Le sujet, agile et rebondissant, se prête à de nombreux renversements et jeux d'imitations. Idéale pour découvrir le **contrepoint inversible** typique de Bach. ## Travail recommandé Marquez les entrées du sujet par une légère mise en relief. Visez un tempo allègre (croche = 100-116) sans précipitation.

Sinfonia No. 9 en fa mineur

Avancé

BWV 795 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 9 en fa mineur BWV 795** est considérée comme la plus profonde et la plus difficile du recueil. Composée vers 1723, elle est parfois surnommée la « sœur de la Passion » tant son chromatisme est intense. ## Caractère **Tragique, douloureuse**, cette sinfonia utilise trois sujets distincts qui s'entrelacent dans un contrepoint chromatique d'une rare expressivité. La présence du **demi-ton ascendant** crée une tension permanente. ## Travail recommandé Il s'agit presque d'une fugue à trois voix. Distinguez clairement les **trois sujets** dès le départ. La pédale est à utiliser avec parcimonie pour préserver la clarté contrapuntique.

Sinfonia No. 8 en fa majeur

Intermédiaire

BWV 794 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 8 en fa majeur BWV 794** est l'une des plus courtes et accessibles du cycle. Composée en 1723, elle constitue une excellente porte d'entrée vers la polyphonie à trois voix. ## Caractère **Joyeuse et dansante**, cette sinfonia adopte une allure presque pastorale. Le sujet, bref et rythmé, se prête à de nombreux jeux d'imitations entre les trois voix. ## Travail recommandé Visez la **clarté articulatoire** : chaque entrée du sujet doit être perceptible. Le tempo peut être plus vif (croche = 96-112) car la structure est moins dense.

Sinfonia No. 7 en mi mineur

Intermédiaire

BWV 793 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 7 en mi mineur BWV 793** déploie une atmosphère mélancolique et introspective. Composée vers 1723 dans le cadre du *Petit Livre pour Wilhelm Friedemann*, elle est l'une des plus expressives du cycle. ## Caractère La tonalité de **mi mineur** confère à cette pièce un caractère **plaintif et chantant**. Le sujet — long, sinueux — se déploie sur plusieurs mesures et engendre un tissu polyphonique d'une grande densité émotionnelle. ## Travail recommandé Le *cantabile* est crucial : chaque voix doit chanter comme une voix humaine. Soignez les **liaisons** et la **dynamique fluide** des phrases.

Sinfonia No. 6 en mi majeur

Intermédiaire

BWV 792 · 1723

## Présentation La **Sinfonia No. 6 en mi majeur BWV 792** appartient au recueil des *15 Sinfonias à trois voix* composées par Bach vers 1723 pour l'éducation musicale de son fils aîné Wilhelm Friedemann. Originellement appelées « Fantaisies », elles complètent les 15 Inventions à deux voix. ## Caractère Cette sinfonia en **mi majeur** rayonne d'une luminosité sereine. La voix médiane joue un rôle particulièrement intéressant : elle dialogue constamment avec les voix extrêmes, créant une **polyphonie ciselée** typique du génie contrapuntique bachien. ## Travail recommandé Identifiez clairement le **sujet** dès la 1ʳᵉ mesure et suivez-le à travers les trois voix. Travailler **voix par voix** avant l'assemblage est essentiel pour entendre la polyphonie.

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 5, BWV 791

Avancé

BWV 791 · 1723

Mi bémol majeur. Sujet long, lyrique, étalé sur quatre mesures avant la première imitation. C'est l'une des sinfonias où l'aspect "chant à trois voix" prôné par Bach dans sa préface est le plus audible. > "Toutes ces inventions et sinfonias forment une méthode honnête pour apprendre à composer." — préface du manuscrit autographe (1723) Pièce méconnue, qu'on saute parfois pour aller plus vite vers la fameuse No. 9 en fa mineur. Dommage : la respiration de cette sinfonia mérite qu'on s'y attarde.

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 4, BWV 790

Avancé

BWV 790 · 1723

Ré mineur. Une des plus expressives du cycle. Le sujet, presque vocal, suggère un récitatif d'opéra plus qu'un exercice d'école. Albert Schweitzer y voyait l'une des pages les plus poignantes de Bach pour clavier seul. L'écriture des trois voix reste serrée, et la conduite chromatique exige un toucher égalisé. À aborder après plusieurs autres Sinfonias mieux maîtrisées — la difficulté musicale dépasse ici la difficulté purement digitale.

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 3, BWV 789

Avancé

BWV 789 · 1723

Ré majeur. Caractère brillant, presque concertant — le sujet descend par arpèges, comme une trompette baroque qui ouvrirait une fête. Bach maintient les trois voix dans des registres bien séparés, ce qui aide à les distinguer mentalement. Une bonne sinfonia pour débuter le cycle si on trouve la No. 1 trop austère. Le tempo (généralement noire pointée à 60-66) permet une lecture claire sans précipiter les modulations centrales.

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 2, BWV 788

Avancé

BWV 788 · 1723

Do mineur. Sujet chromatique descendant, atmosphère grave proche des Passions. La voix médiane est ici particulièrement active — elle tisse des contre-chants qui rendent l'écoute polyphonique exigeante. Les pianistes qui travaillent cette sinfonia se heurtent souvent au même problème : la main droite finit par dominer toutes les autres lignes. Travailler chaque voix isolément, en chantant les deux autres, est la méthode classique. Lente, mais payante.

Sinfonia (Invention à 3 voix) No. 1, BWV 787

Avancé

BWV 787 · 1723

Première des quinze Sinfonias, en do majeur. Trois voix au lieu de deux — saut de difficulté considérable par rapport aux Inventions. Bach annonçait dans la préface qu'il s'agissait d'apprendre à "chanter à trois voix" : c'est plus facile à dire qu'à faire. La voix médiane, partagée entre les deux mains selon les passages, demande une coordination particulière. C'est aussi sur les Sinfonias qu'on commence à comprendre vraiment comment Bach structure une fugue : trois entrées du sujet, contre-sujet, divertissements, strette.

Invention à deux voix No. 15, BWV 786

Avancé

BWV 786 · 1723

Si mineur, dernière invention du recueil. Bach termine sur une tonalité grave, un sujet en croches qui descend par tierces — comme un point final pesé, sans démonstration de virtuosité. Pièce relativement brève mais dense en modulations : la tonique de si mineur n'est presque jamais stable très longtemps. Bonne préparation aux préludes et fugues du Clavier bien tempéré dans la même tonalité. Tempo conseillé : noire à 60, en respectant chaque suspension.

Invention à deux voix No. 14, BWV 785

Avancé

BWV 785 · 1723

Si bémol majeur, atmosphère sereine, presque insouciante. Le sujet repose sur un trille et un arpège descendant — figure typique du baroque tardif qu'on retrouve aussi chez Telemann. La difficulté tient à la propreté des ornements : trilles à mesurer (généralement 4 à 6 notes), mordants à articuler clairement. Une invention sous-estimée du recueil, qu'on dépasse souvent trop vite pour aller à des numéros plus spectaculaires.

Invention à deux voix No. 13, BWV 784

Avancé

BWV 784 · 1723

La mineur. L'une des inventions les plus connues du recueil, sans doute parce qu'elle sonne presque comme un préambule de fugue : le sujet est anguleux, mémorable, déclaré d'emblée par la voix de soprano. Glenn Gould la jouait à un tempo étonnamment vif, articulé sec — Murray Perahia, presque deux fois plus lent, en fait une pièce méditative. Les deux lectures se défendent. Cherche ton tempo en écoutant les deux versions avant de fixer le tien.

Invention à deux voix No. 12, BWV 783

Avancé

BWV 783 · 1723

La majeur, écriture en doubles croches presque continues. Une des inventions les plus virtuoses du cycle — Bach exige une vélocité maintenue sans jamais raidir le poignet. Le sujet de six notes (la-do dièse-mi-la-fa dièse-mi) revient en imitation stricte, puis en inversion. C'est typique du Bach pédagogue : montrer un procédé contrapuntique avec un matériau minimal. Tempo de croisière : noire à 72-80, en surveillant l'égalité.

Invention à deux voix No. 11, BWV 782

Avancé

BWV 782 · 1723

Sol mineur. Sujet en croches qui descend par paliers chromatiques, créant une tension harmonique soutenue jusqu'à la cadence. Plus expressive que démonstrative. ## Notes d'interprétation La main gauche tient ici un rôle aussi mélodique que la droite : les croisements de voix sont fréquents. Les éditeurs modernes (Henle, Bärenreiter) divergent sur quelques articulations — comparer deux éditions n'est pas un luxe pour cette invention. Tempo modéré, autour de la noire à 56.

Invention à deux voix No. 10, BWV 781

Intermédiaire

BWV 781 · 1723

Sol majeur, écriture vive en 9/8, presque une gigue irlandaise dans l'esprit. Bach jouait visiblement avec la métrique composée — chaque temps subdivisé en trois croches, ce qui donne un swing naturel à l'ensemble. Pièce courte (moins de trente mesures) mais exigeante pour la **précision rythmique** : un seul triolet bancal et toute la dynamique s'effondre. Travailler au métronome, puis le retirer pour laisser respirer.

Invention à deux voix No. 9, BWV 780

Intermédiaire

BWV 780 · 1723

Fa mineur, atmosphère grave, presque douloureuse. Sujet chromatique de quatre mesures, riche en suspensions et résolutions retardées. C'est l'une des inventions les plus harmoniquement audacieuses du cycle. Ferruccio Busoni la considérait comme un sommet d'émotion contenue chez Bach. À aborder une fois plusieurs autres inventions assimilées : la lecture est plus difficile que la moyenne, surtout dans les passages en doubles croches imitatives.

Invention à deux voix No. 8, BWV 779

Intermédiaire

BWV 779 · 1723

Fa majeur, l'une des inventions les plus jouées du recueil — sans doute parce qu'elle sonne immédiatement, claire et joyeuse. Le sujet arpégé fait penser à une fanfare en miniature. Trois mesures suffisent à Bach pour exposer le matériau, puis les voix s'échangent et se croisent jusqu'à la cadence finale. Tempo conseillé : croche pointée à 80-92, pas plus. La virtuosité n'est pas le sujet ici.

Invention à deux voix No. 7, BWV 778

Intermédiaire

BWV 778 · 1723

Mi mineur. Une des plus sombres du recueil. Le sujet chromatique descend de quatre notes (mi-ré dièse-ré-do dièse), évoquant les figures de lamento baroque qu'on retrouve chez Purcell ou Monteverdi. Pièce courte mais dense, où chaque ornement compte. Bach indique des mordants et trilles spécifiques dans l'autographe — les jouer mécaniquement appauvrit la pièce. À chanter intérieurement avant de poser les mains.

Invention à deux voix No. 6, BWV 777

Intermédiaire

BWV 777 · 1723

Mi majeur, métrique inhabituelle (3/8 noté en croches) qui produit un balancement particulier. La pièce repose sur un dispositif de **syncopes** entre les deux mains : la voix supérieure tient une note longue pendant que la basse se déplace, puis on inverse. C'est probablement l'invention la plus exposée techniquement sur la question du legato à plusieurs voix. Travailler chaque main séparément avant de réunir — sinon, on perd vite le fil harmonique.

Invention à deux voix No. 5, BWV 776

Intermédiaire

BWV 776 · 1723

Mi bémol majeur. Sujet calme, presque pastoral, qui descend par degrés avec une élégance discrète. Bach n'y cherche aucun effet — juste une conversation polie entre deux voix. À aborder relativement tôt dans le cycle : la difficulté technique est modérée, mais l'écoute polyphonique demande de la concentration. Glenn Gould en a laissé une lecture étonnamment lente qui transforme la pièce en méditation.

Invention à deux voix No. 4, BWV 775

Intermédiaire

BWV 775 · 1723

Ré mineur, allure perpétuelle de toccata. Les doubles croches courent sans interruption d'un bout à l'autre, et le sujet (six notes seulement, ré-mi-fa-sol-la-fa) revient sous toutes les coutures. Pièce idéale pour travailler l'**égalité digitale** : aucune note ne doit ressortir plus qu'une autre, sauf décision interprétative. Les pianistes qui peinent avec la main gauche y trouveront un excellent exercice, car les deux mains alternent constamment le rôle mélodique.

Invention à deux voix No. 3, BWV 774

Intermédiaire

BWV 774 · 1723

Ré majeur, écriture dansante en 3/8, presque une gigue. Une des inventions les plus immédiatement séduisantes du cycle — le motif rebondit, virevolte, sans jamais s'alourdir. Le travail principal porte ici sur l'articulation : staccato léger sur certaines croches, legato sur d'autres. Les éditions modernes proposent souvent des doigtés et phrasés, mais Bach n'a presque rien indiqué — c'est à l'interprète de choisir.

Invention à deux voix No. 2, BWV 773

Intermédiaire

BWV 773 · 1723

En do mineur, marquée par un sujet long et chantant qui s'étire sur deux mesures avant de céder la place à la voix grave. C'est l'une des inventions les plus expressives du recueil : presque un duo d'opéra à deux personnages. Le défi technique principal tient au **legato** : tenir une ligne mélodique qui chante alors que l'autre main joue des notes indépendantes. Les pianistes qui travaillent Bach uniquement avec un toucher détaché passent à côté. Tempo recommandé : pas trop vite. Une noire à 60-66 laisse respirer le contrepoint.

Invention à deux voix No. 1, BWV 772

Intermédiaire

BWV 772 · 1723

L'invention qui ouvre le recueil. Bach part de trois notes — do, ré, mi — et bâtit tout sur ce motif minuscule, retourné, transposé, miroité. C'est presque une démonstration : voilà ce qu'on peut faire avec rien. Bach écrivit ces pièces pour son fils aîné Wilhelm Friedemann, comme matériel d'étude. La préface du manuscrit autographe parle d'apprendre à "chanter à deux voix" — pas seulement à jouer correctement, mais à entendre les deux lignes simultanément. Le piège classique : laisser dominer la main droite. Il faut équilibrer.

Polonaise en Fa majeur, BWV Anh. 117a

Débutant

BWV Anh. 117a · 1725

La **Polonaise en Fa majeur**, BWV Anh. 117a, est l'une des pièces les plus charmantes du *Petit Livre d'Anna Magdalena Bach* — recueil compilé en 1725 par Jean-Sébastien Bach pour sa seconde épouse, à des fins d'apprentissage au clavier. Bien qu'elle figure dans l'« Anhang » (annexe) du catalogue BWV, son authenticité bachienne étant discutée par les musicologues, cette polonaise reste indissociable du cantor de Leipzig et constitue l'une des **premières pièces** que rencontre l'élève pianiste dans son parcours. ## Caractère et structure La **polonaise**, danse d'origine polonaise au rythme ternaire caractéristique, déploie ici une mélodie limpide à la main droite sur un accompagnement régulier à la main gauche. Sa **forme binaire** — deux sections d'environ huit mesures, chacune répétée — en fait un modèle parfait de **clarté pré-classique**. ## Pédagogie Au-delà de sa beauté propre, cette pièce permet d'aborder plusieurs notions essentielles : le **rythme dansé**, la **respiration des phrases**, le dialogue entre les mains et l'art de la **résolution harmonique** dans le style baroque tardif. Une porte d'entrée idéale au répertoire de **Bach** avant d'aborder les *Inventions à deux voix* ou les premiers préludes du *Clavier bien tempéré*.

Prélude en Do majeur, BWV 846

Débutant

BWV 846 · 1722

Le **Prélude en ut majeur** qui ouvre le premier livre du *Clavier bien tempéré* (1722) est l'une des pages les plus emblématiques de toute la musique. Cette **suite continue d'arpèges** d'apparence simple cache une **architecture harmonique** d'une perfection sublime : chaque mesure expose un accord nouveau dans une progression qui semble inévitable. Charles Gounod superposa plus tard la célèbre mélodie de son *Ave Maria* sur cette grille harmonique, témoignant de son universalité. Pièce d'introduction idéale au monde polyphonique de Bach.

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