𝄞 Biographie
Johannes Brahms naît à Hambourg en 1833, fils d'un contrebassiste de modeste extraction. Adolescent, il joue du piano dans les tavernes du port pour faire vivre la famille, ce qui marquera durablement son rapport au métier.
Sa rencontre avec Robert et Clara Schumann en 1853 change tout. Robert publie un article enthousiaste dans la Neue Zeitschrift für Musik qui propulse le jeune Brahms sur la scène européenne. Quelques mois plus tard, Schumann tombe dans la maladie mentale et meurt en 1856. Brahms restera, jusqu'à sa propre mort en 1897, l'ami proche et protecteur de Clara. La nature exacte de leur lien fait débat depuis cent cinquante ans.
À partir de 1872, il s'installe à Vienne. Il y compose à un rythme régulier : quatre symphonies dont la Première lui demande quinze ans à cause du poids de Beethoven, deux concertos pour piano, un concerto pour violon, un Double concerto, le Requiem allemand sur des textes bibliques en allemand plutôt que la liturgie latine.
Pour le piano seul, son écriture évolue. Les trois Sonates Op. 1, 2 et 5 datent de la jeunesse. Les Variations Op. 21 et Op. 24 (sur un thème de Haendel), Op. 35 (sur Paganini) montrent un Brahms savant. Les recueils tardifs Op. 76, 79, 116, 117, 118 et 119 — Intermezzi, Capriccios, Rhapsodies — sont des miniatures concentrées, souvent désenchantées, qui ont fasciné les pianistes du XXe siècle.
Il meurt à Vienne en avril 1897, un an après Clara Schumann. Les obsèques sont nationales. Sa stricte fidélité aux formes classiques lui valut le surnom — moqueur dans la bouche des wagnériens — d'« académique ». La querelle des camps est aujourd'hui apaisée. On entend Brahms pour ce qu'il est : un romantique qui pensait en architectes.