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Portrait de Joseph Joachim Raff, compositeur romantique suisse-allemande (1822–1882)

romantique · suisse-allemande

Joseph Joachim Raff

𝄞 Biographie

Joseph Joachim Raff naît en 1822 à Lachen, dans le canton de Schwyz en Suisse alémanique. Son père allemand est instituteur ; sa mère est suisse. Il fait ses études dans les jésuites de Schwyz, puis passe le brevet d'instituteur. Pendant ses premières années, il enseigne dans des écoles primaires en Suisse en autodidacte musical. Il envoie en 1843 quelques compositions à Mendelssohn, qui les recommande à l'éditeur Breitkopf & Härtel — premier coup de pouce décisif.

En 1845, il rencontre Liszt par hasard à Bâle. Liszt l'écoute, l'engage comme assistant et secrétaire. Raff suit Liszt à Weimar à partir de 1849, où il vit pendant plusieurs années dans le cercle lisztien. Il y travaille comme orchestrateur, copiste, conseiller technique pour les œuvres orchestrales que Liszt développait alors (les premiers poèmes symphoniques notamment). Cette collaboration laisse des traces dans toute l'écriture orchestrale de Raff.

À partir de 1856, Raff rompt progressivement avec le cercle de Weimar et s'installe à Wiesbaden. Il y vit comme compositeur indépendant, puis professeur. En 1877, il est nommé directeur du nouveau Conservatoire Hoch de Francfort, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort. Edward MacDowell sera son élève. Comme directeur, il fait notamment scandale en engageant Clara Schumann pour enseigner le piano, et en intégrant des femmes au corps enseignant — gestes peu communs à l'époque.

Son catalogue est immense — 214 numéros d'opus et plus de 300 œuvres publiées. Onze symphonies, dont la Troisième « Im Walde » (Dans la forêt) Op. 153 et la Cinquième « Lenore » Op. 177 (1872) furent extraordinairement populaires de son vivant, jouées dans toute l'Europe et aux États-Unis. Plusieurs concertos pour piano, violon, violoncelle. Près de soixante œuvres de musique de chambre. Des opéras (peu joués), des oratorios.

Pour le piano seul, sa production passe les 200 pièces — sonates, suites, fantaisies, transcriptions, études. La Cavatine Op. 85 n° 3 fut un tube de salon européen pendant des décennies. La Sonate Op. 14 et les six Suites pour piano sont d'écriture solide.

Il meurt à Francfort en juin 1882, d'une crise cardiaque. La postérité a été cruelle : moins de cinquante ans après sa mort, son nom était presque effacé du répertoire international. Sa redécouverte récente, par les labels Tudor et CPO notamment, restaure peu à peu une œuvre que ses contemporains avaient mise très haut.

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