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Portrait de Jules Massenet, compositeur romantique française (1842–1912)

romantique · française

Jules Massenet

𝄞 Biographie

Jules Massenet naît en 1842 à Montaud, près de Saint-Étienne, dans la Loire. Son père meurt jeune ; la mère, pianiste, lui donne les premières leçons. La famille s'installe à Paris en 1853, et Jules entre la même année au Conservatoire à onze ans. Il y étudie le piano avec Laurent puis Adolphe-François Laurent, et la composition avec Ambroise Thomas. Il remporte le prix de Rome en 1863 à vingt-et-un ans avec sa cantate David Rizzio.

Après le séjour romain à la Villa Médicis (1864-1867), il rentre à Paris et commence à se faire connaître par des oratorios et des opéras dans les années 1870. Marie-Madeleine (1873), Le Roi de Lahore (1877) le placent dans l'élite des compositeurs lyriques français. Il est élu membre de l'Institut en 1878, à trente-six ans — record de précocité pour la section musique de l'Académie des beaux-arts.

À partir de 1878 et pendant plus de trente ans, il enseigne la composition au Conservatoire de Paris. Sa classe forme une grande partie de la génération suivante : Gustave Charpentier, Reynaldo Hahn, Ernest Chausson, Gabriel Pierné, Florent Schmitt — tous passent par lui.

Massenet est avant tout un compositeur d'opéra. Sa trentaine d'ouvrages lyriques inclut Manon (1884), Werther (1892), Thaïs (1894), Don Quichotte (1910). Manon et Werther restent au répertoire international. Le « style Massenet » — sentimental, sensuel, mélodique, jamais agressif — a beaucoup pesé sur l'opéra français de la Belle Époque.

Pour le piano, sa production est latérale mais non négligeable. Il a écrit plusieurs cycles : Dix Pièces de genre Op. 10, Sept Improvisations (1874), Eau dormante Op. 12, Devant la Madone Op. 13, l'Année passée (sept pièces, 1897). La plupart sont des pièces de salon dans l'esprit Heller-Stephen Heller ou Saint-Saëns. La Méditation de Thaïs, originalement entracte pour violon et orchestre de l'opéra, existe dans de nombreuses transcriptions pour piano seul qui restent au répertoire amateur.

Il meurt à Paris en août 1912, à soixante-dix ans, d'un cancer de l'abdomen. La récupération de sa cote, après l'oubli relatif des années 1920-1950, a été menée notamment par les chefs de l'Opéra de Paris et de Saint-Étienne, puis par l'école américaine de la Decca Massenet Edition.

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