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Portrait de Louise Farrenc, compositeur romantique française (1804–1875)

romantique · française

Louise Farrenc

𝄞 Biographie

Louise Farrenc, née Jeanne-Louise Dumont en 1804 à Paris, grandit dans le milieu artistique du Louvre — son père et son frère sont sculpteurs reconnus. Elle commence le piano avec Cécile Soria, élève de Clementi, puis étudie la composition avec Anton Reicha, qui accepte des élèves particuliers pour la composition (au Conservatoire, les classes restent fermées aux femmes pour la composition jusqu'en 1879). En 1821, elle épouse Aristide Farrenc, flûtiste et éditeur de musique, qui défendra sans relâche sa carrière.

En 1842, le Conservatoire de Paris la nomme professeure titulaire de piano — l'un des rares postes féminins de l'institution. Elle l'occupera jusqu'en 1872. Pendant trente ans, elle forme des générations de pianistes femmes (plusieurs Premiers Prix sortent de sa classe), mais reçoit une rémunération inférieure à celle de ses collègues masculins. Elle obtient en 1850 — après une réclamation officielle — une égalisation salariale. C'est l'une des premières fois qu'une telle décision est explicitement actée au Conservatoire.

Son catalogue de composition est moins étendu que celui de Chaminade, mais d'un sérieux ambitieux. Trois symphonies (la Troisième Op. 36, créée en 1849, est sa plus jouée aujourd'hui), trois quintettes avec piano, deux quintettes avec contrebasse, trois quatuors à cordes, un Nonette Op. 38, deux trios avec piano. Pour la musique de chambre avec piano, son catalogue forme l'un des sommets oubliés de la France romantique.

Pour le piano seul : deux séries d'Études Op. 26 (vingt études dans les majeurs et mineurs, publiées en 1839) et Op. 41 (dix-sept Études de moyenne difficulté), un Air russe varié Op. 17, des Mélodies, des Sonates. Les études Op. 26 sont à ce jour les plus étudiées par les pianistes qui découvrent Farrenc.

Elle reçoit en 1869 le prestigieux Prix Chartier de l'Académie des beaux-arts pour son œuvre de chambre. Aristide meurt en 1865, sa fille Victorine — pianiste prometteuse — meurt en 1859. Farrenc ne se remet jamais vraiment de ces deuils. Elle meurt à Paris en septembre 1875. Sa redécouverte ne commence vraiment qu'à partir des années 2000.

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