𝄞 Biographie
Mikhaïl Glinka naît en 1804 dans le gouvernement de Smolensk, sur le domaine familial de Novospasskoïe. La famille appartient à la petite noblesse propriétaire de serfs. Élevé par sa grand-mère paternelle dans une atmosphère étouffante, il découvre la musique en entendant l'orchestre privé de son oncle, qui jouait régulièrement chez les Glinka.
Adolescent, il est envoyé à Saint-Pétersbourg étudier au pensionnat noble qui dépend de l'Université. Il y apprend le piano (avec John Field, brièvement), le violon, la composition. À sa sortie, il entre dans l'administration sans grande conviction, et s'occupe surtout de musique en amateur. À partir de 1830, il voyage longuement en Italie (Milan, Naples, Rome) où il étudie l'opéra italien, puis à Berlin auprès du théoricien Siegfried Dehn — quatre mois de cours intensifs qui lui donnent enfin un métier solide.
De retour en Russie en 1834, il décide de composer un opéra national russe. Une vie pour le tsar (à l'origine Ivan Soussanine), créé à Saint-Pétersbourg en novembre 1836, raconte l'histoire d'un paysan qui sauve le premier Romanov. La musique mêle pour la première fois sur scène lyrique russe des chants populaires et des formes italo-allemandes. Le succès est considérable et fait de Glinka le compositeur officiel de la cour.
Son second opéra, Rouslan et Ludmila (1842) d'après Pouchkine, est plus aventureux harmoniquement et reçoit un accueil mitigé. La postérité l'a réhabilité : c'est cette partition plus que la précédente qui aura le plus d'écho sur le Groupe des Cinq.
Pour le piano, Glinka laisse une production secondaire mais intéressante : la Capricio sur des thèmes russes pour quatre mains, plusieurs nocturnes (dont le Nocturne « La séparation » en fa mineur), des mazurkas, des variations sur des thèmes opératiques, et des transcriptions. C'est par ces miniatures qu'il a directement influencé les pianistes russes du XIXe.
Il meurt à Berlin en février 1857 lors d'un séjour à l'étranger, et est inhumé à Saint-Pétersbourg. Le Groupe des Cinq se réclamera explicitement de son héritage.
