𝄞 Biographie
Robert Schumann naît en 1810 à Zwickau, en Saxe, fils d'un libraire et écrivain qui meurt jeune. Schumann hésite longtemps entre lettres et musique. À vingt ans, il abandonne le droit pour le piano, étudie avec Friedrich Wieck à Leipzig et envisage une carrière de virtuose. Une blessure à la main droite — dont la cause exacte reste discutée, technique d'entraînement excessive, dispositif mécanique fait maison, ou conséquence d'un traitement médical — met fin à ce projet.
Il devient alors compositeur et critique musical. Il fonde en 1834 la Neue Zeitschrift für Musik, revue qu'il dirige pendant dix ans et où il défendra Chopin, Berlioz, plus tard Brahms (dans un article célèbre de 1853). Il écrit sous des pseudonymes (Florestan, Eusebius, Maître Raro) qui correspondent à des facettes de son tempérament — l'exalté, le rêveur, le sage.
Il épouse en 1840 Clara Wieck, fille de son ancien maître, après un long procès contre le père qui s'opposait à l'union. Clara, pianiste majeure de son temps, sera l'interprète privilégiée de ses œuvres pour piano et le restera après sa mort. Ce mariage est, dans l'histoire de la musique, l'un des partenariats artistiques les plus discutés.
Pour le piano, il laisse des cycles plus que des sonates isolées : Carnaval Op. 9, Davidsbündlertänze Op. 6, Scènes d'enfants Op. 15 (avec sa célèbre Träumerei), Kreisleriana Op. 16, Fantaisie Op. 17 dédiée à Liszt, Études symphoniques Op. 13, Album pour la jeunesse Op. 68. Il compose aussi des Lieder en abondance (1840 reste son « année du Lied »), quatre symphonies, un Concerto pour piano Op. 54 écrit pour Clara, et un grand quatuor avec piano.
À partir de 1853, sa santé mentale se dégrade. Il tente de se noyer dans le Rhin à Düsseldorf en février 1854, est interné à sa demande à l'asile d'Endenich près de Bonn, où il meurt en juillet 1856. Le diagnostic exact (syphilis tertiaire, trouble bipolaire, schizophrénie ?) reste un dossier ouvert.