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Portrait de Vladimir Rebikov, compositeur moderne russe (1866–1920)

moderne · russe

Vladimir Rebikov

𝄞 Biographie

Vladimir Rebikov naît en 1866 à Krasnoïarsk, en Sibérie. La famille déménage rapidement en Russie d'Europe. Il fait des études musicales à Moscou, brièvement avec Klenovski et Krenovski, puis à Berlin et à Vienne où il complète sa formation. Sa carrière de compositeur commence dans les années 1890, marquée d'abord par une écriture postromantique conventionnelle, puis par une recherche harmonique plus aventureuse à partir des années 1900.

Rebikov n'a pas tenu d'école ni occupé de chaire universitaire. Il a vécu à Kichinev, à Odessa, à Moscou, comme professeur de piano et compositeur indépendant. Il publie chez Jurgenson, le grand éditeur moscovite. Ses opinions musicales sont aussi tranchées que celles des modernistes occidentaux contemporains : il critique vivement Tchaïkovski, Rimski-Korsakov, et propose un manifeste pour une musique « mélo-mimique » qui rapprocherait expression musicale et expression scénique.

Sur le plan technique, il est l'un des premiers compositeurs européens à utiliser systématiquement des gammes par tons (la gamme « hexatonique » à six notes équidistantes) dans des œuvres pour piano. Il les exploite parfois dans tout un mouvement sans aucun ancrage tonal. Il utilise également des accords par quartes superposées et des polytonalités modérées. Tout cela est antérieur ou contemporain aux expérimentations parisiennes de Debussy, sans contact direct entre les deux écoles.

Son opéra-conte Elka (Le Sapin, 1900) sur le récit de Dostoïevski La fille du Christ a connu un certain succès en Russie au tournant du siècle.

Pour le piano, Rebikov a publié beaucoup de cycles brefs : Esquisses (Op. 1), Tableaux musico-psychologiques (Op. 4), Trois Idylles (Op. 14), Rêves d'automne, Esclaves du plaisir (Op. 32) — ce dernier décrit comme une « pantomime musicale ». Le cycle des Mélomimes Op. 11 et Op. 17 (1898-1899) propose des miniatures destinées à l'accompagnement de mimes. Plusieurs de ces pièces, faciles techniquement mais étranges harmoniquement, sont restées dans certains répertoires pédagogiques russes.

Rebikov meurt à Yalta, en Crimée, en août 1920, dans les troubles de la guerre civile russe qui a suivi la Révolution. Sa cote est restée modeste, mais il intéresse les historiens du modernisme russe comme l'un des laboratoires solitaires d'un langage qui s'affirmera ailleurs.

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